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LES GROUPEMENTS LEXICAUX 16 страница




Les termes anglais pénétraient dans le vocabulaire du français durant tout le XIXesiècle par suite de l'essor de l'industrie en Angleterre et des relations commerciales animées avec la France.

On constate un afflux de termes techniques et industriels : rail, tender, tramway, tunnel, express, cargo, travelling, coaltar, pipe-line, ca­meraman, parking, jersey, cheviot(e) < cheviot, shampooing.

Ce mouvement est loin de s'affaiblir, ce qui peut être illustré par les emprunts récents transistor, jet [dget], télétex, scanner, supertanker, tu­ner, spoule, know-how.

Les jeux sportifs anglais se sont répandus aussi bien en France que dans d'autres pays et : l'emprunt de tel ou tel sport a amené l'emprunt des termes correspondants : tels sont : sport, sportsman, sportswoman, tou­risme < tourism, touriste < tourist, boxe < box, boxer < to box, derby, football, basket-bail, handicap, golf, tennis, match, record, skating, wa-ter-polo, badminton, crawl, roller < ro/lerskater « patineur », suppor­ter (m), partenaire < partner, jockey, starter.

L'intérêt excessif à tout ce qui vient de l'Angleterre est devenu depuis le XIXe siècle une vraie anglomanie pour certaines couches so­ciales ; c'est ce qui explique un grand nombre d'emprunts se rapportant à la vie journalière, par exemple : bar, bifteck < beefsteak, cocktail, grog, pudding, rosbif < roastbeef, sandwich, gin, tonic, cottage, squa­re, stand, smoking, dandy, snob, festival, sketch, star, flirt, spleen, pos­ter (une lettre) < topost, dancing, music-hall, clown, toast, snow-boot, short, pull-over, sweater, standing, shopping, scotch, self-service, tag, cool.

Le français compte un nombre considérable d'américanismes qui y pénètrent à partir du XIXe siècle. À l'heure actuelle le prestige de l'Amérique en raison de son essor scientifique et technologique contri­bue à l'afflux de termes venus d'outre-Atlantique. Ce sont, entre autres : celluloïd, cow-boy, rancho. lunch, bluff, blizzard, gangster, kidnapper, hit-parade, blue-jean, bermuda, sporfwear. hot-dog, surf, squatter, yankee, teenager, tee-shirt, fast-food, pop-corn, électrocuter, bulldozer, in­ternet, big-bang.



§ 63. Les emprunts au russe. C'est au XVIIIe siècle qu'on compte dans le vocabulaire français les premiers emprunts faits au russe. Ces mots étaient alors peu nombreux et ils appartenaient à des domaines dif­férents de l'activité humaine. Ces premiers emprunts au russe ne sont encore pour la plupart que des mots exotiques dans le vocabulaire fran­çais. Ce sont des mots tels que : archine, artel, boyard, balalaïka, cosa­que, datcha, dvo-rnyk, hetman. izba, kacha, knout, kopeck, koulak, mammouth, mazout, moujik, rouble, samovar, steppe, taïga, tchernoziom, téléga, touloupe, toundra, troïka, ukase, verste. vodka, zakouski, intelli­gentsia.

Ces mots avaient pénétré en France par l'intermédiaire de la littéra­ture russe traduite en français et ils désignaient pour la plupart des phé­nomènes ayant exclusivement traiï à la vie de la Russie.

La pénétration des mots russes de l'époque soviétique porte un ca­ractère tout différent. Les emprunts faits au russe après la Révolution d'Octobre sont surtout des termes à valeur sociale et politique, ainsi que des termes économiques.

Ce sont des mots qui ont été adoptés intégralement, par exemple : kolkhoze, sovkhoze, komsomol, bolchevik, Soviet : mentionnons encore, d'une part, samizdat qui reflétait les aspirations des démocrates à la liber­té de la parole et. d'autre part, le spoutnik qui a fait sensation dans le monde entier.

Parfois ce sont des bases normatives russes auxquelles se sont ajou­tés des affïxes internationaux ou français : léniniste, léninisme, kolkho­zien, sovkhozien, stakhanovisme, stakhanoviste.

Cela peuvent être aussi des mots qui ont été déjà formés en russe avec des morphèmes ou éléments internationaux : collectiviser, collecti-visation, tractoriste, agit-prop « agitation et propagande »

Une partie des emprunts russes reflétant l'époque soviétique sont devenus des historismes.

Un cas curieux est présenté par le mot lunik qui a été formé en fran­çais par l'adjonction à lune de l'élément -ik extrait du mot spoutnik. Ain­si -ik fait figure de suffixe exotique en français.

Les emprunts au russe représentent souvent des calques qui repro­duisent la « forme interne » et le sens du vocable étranger par les moyens linguistiques de la langue emprunteuse comme dans : autocritique, plan quinquennal, journal mural, maison de repos, jardin d'enfants, sans-parti, minimum technique, agroville (=agrograd). Citons encore refusnik- sorte de calque-centaure à base française flanquée d'un suffixe russe.

Parmi les mots les plus récents nommons kalachnikov et tokamak (terme de physique), sans oublier les fameux glasnost, perestroïka. Si­gnalons que certains emprunts au russe ont pris une connotation nette­ment défavorable (cf. : apparatchik, goulag).

 

§ 64. Les emprunts aux langues des minorités nationales. L'ap­port fait au vocabulaire du français par les langues des minorités na­tionales habitant le territoire de la France est moins considérable. Signalons toutefois les emprunts faits au breton qui sont les plus nombreux : goé­land < bas breton gwalan - « grande mouette », bijou < bizou - « anneau pour le doigt (biz) » qui a supplanté en partie joyau, biniou — « sorte de cornemuse bretonne », dolmen fabriqué avec deux mots bretons taol -« table » et men - « pierre » et désignant un monument mégalithique; formé d'une grande pierre plate posée sur d'autres pierres verticales, menhir de men - « pierre » et hir - « long » qui est un autre mégalithe.

§ 65. La répartition des emprunts parmi les couches différentes du vocabulaire. Une grande partie des emprunts surgissent dans la lan­gue comme termes spéciaux. Les emprunts ont visiblement complété les diverses terminologies : scientifique, militaire, politique, sportive, etc. Ce­pendant beaucoup de ces vocables, plus ou moins francisés, ont franchi par la suite leslimites de la terminologie à laquelle ils appartenaient primi­tivement et sont devenus d'un usage courant. Tels sont de nombreux em­prunts faits par le français au latin (évolution, structure, social, etc.), au grec ancien (anarchie, politique, économie, etc.), à l'italien (attaquer, brigade, cantine, etc.) ; tels sont aussi certains emprunts faits à l'espa­gnol (camarade, retable, tango), à l'allemand (accordéon, havresac), à l'anglais (vote, club, rail, express, symposium, snack-bar). ,

Les emprunts peuvent être particulièrement favorisés'dans quelque domaine spécifique. Ainsi, à l'heure actuelle la langue de la publicité qui est la première à refléter l'influence du mode de vie américain (american way of life) abonae'en anglicismes et américanismes (short, coca-cola, drug-store, whisky, walkman - « baladeur » (appareil), Paris by night, etc.)

§ 66. L'adaptation des vocables empruntés au vocabulaire de la langue française. Les mots empruntés s'adaptent à un degré différent au vocabulaire de la langue emprunteuse. L'intensité du processus d'adapta­tion qui s'effectue sous l'action des lois internes de développement varie selon l'origine du mot emprunté, sa structure, son sens, la sphère de son emploi : elle dépend aussi de l'époque à laquelle se rapporte l'emprunt. Il faut distinguer :

1. Les emprunts qui manifestent une faible adaptation et qui par leur structure figurent dans le vocabulaire du français moderne en qualité de mots étrangers. Ces vocables étrangers qui vivent ainsi en marge de la langue courante sont appelés xénismes (du grec xenos - « étranger »). Ici il faut nommer tous les mots exotiques servant à rendre la couleur locale (entre autres : condottiere, vendetta de l'italien, izha. ukaze, samovar, zakouski du russe, chapska, mazurka du polonais.paria de l'indien, cor­nac - « conducteur d'éléphants » du cingalais. Beaucoup d'emprunts an­glais ou anglo-américains, surtout parmi les plus récents, conservent, eux aussi, leur aspect étranger non seulement pour l'orthographe, mais aussi pour la prononciation, qui reste souvent insolite : cottage, cocktail, groom, whisky, walkman = « baladeur » etc.). Tous ces mots font figure d'intrus dans le français moderne.

2. Les emprunts naturalisés français qui en vertu des modifications phonétiques et morphologiques plus ou moins profondes ne se distin­guent plus des mots de souche française.

Il n'y a pourtant pas de cloison étanche séparant ces deux catégories d'emprunts. Entre ces deux extrémités vient se placer un grand nombre de mots d'emprunt en voie d'assimilation. Ainsi qu'on l'a vu d'après les exemples signalés, les mots ne sont guère transférés mécaniquement d'une langue dans une autre. La plupart des mots empruntés subissent des mo­difications plus ou moins grandes quant à l'aspect phonique, la composi­tion morphologique ou l'orthographe. Ces altérations se font dans le sens de l'accommodation des mots empruntés à la structure des mots indigè­nes conformément aux lois internes de développement de la langue em­prunteuse.

Parmi les emprunts assimilés viennent se ranger en premier lieu les mots d'origine latine et romane qui par leur structure se rapprochent le plus des mots purement français et se confondent souvent avec ces der­niers. Les mots d'origine non romane se conforment moins aisément à la langue française. Cependant les lois d'adaptation restent dans les grandes lignes les mêmes pour n'importe quel mot d'emprunt.

En ce qui concerne' la prononciation, la grande majorité des mots d'emprunt s'accommode à l'accentuation et au système de sons du fran­çais

L'adaptation à l'accentuation française se fait de la façon suivante :

1. Lorsque le mot étranger est un oxyton, aucune de ses syllabes n'est supprimée : par exemple : caparaçon < esp. caparazon, bouledogue < angl. bull-dog, redingote < angl. riding-coat ; bolchevik (russe).

2. Lorsque le mot étranger est un paroxyton, on conserve souvent l'accent sur la même syllabe ; alors, à cet effet, tantôt on retranche la dernière syllabe, par exemple : artisan < ital. < artigiâno. balcon < ital. balcône, chocolat < esp. chocolaté : tantôt on remplace la dernière voyel­le par un e muet, par exemple : cadence < ital. cadénza, mascarade < ital. mascarâta : parfois, cependant, l'accent ne s'est pas maintenu et le pa­roxyton devient sans aucun retranchement de syllabe un oxyton, par exem­ple : bravo <ital. bravo, malaria <ital. malaria, guérilla <esp. guérilla, flamenkô < esp. flamenco, loustic < ail. lûstig : partenaire < angl par­tner, spoutnik < russe спутник.

3. Les cas lorsque le mot étranger est un proparoxyton sont rares, par exemple :piccolô < ital.piccolo, tombola < ital. tombola, caméra < angl. caméra.

Les mots d'emprunt subissent des modifications plus ou moins gran­des qui ont pour effet leur adaptation au système de sons du français.

Le système de voyelles des langues romanes méridionales est assez proche de celui du français. C'est pourquoi dans les mots d'emprunt les voyelles sont généralement conservées presque sans changement. Notons pourtant que les voyelles nasales qui n'existent ni en italien ni en espa­gnol apparaissent dans les mots empruntés à ces langues. Une voyelle nasale est prononcée lorsque le mot d'emprunt comporte une des combi­naisons graphiques représentant cette voyelle nasale française, par exem­ple : bambin < ital. bambino, fanfarron <esp. fanfarron,

Le consonantisme du français et celui des idiomes romans méridio­naux offrent plus de divergences.

Tous les idiomes romans méridionaux possèdent la consonne [1] mouillée qui est représentée par gli en italien, par 11 en espagnol, par lh en portugais. Cette consonne existait encore en français, représentée par ill. à l'époque des emprunts massifs aux langues romanes. C'est pourquoi le son étranger a été simplement transcrit en français, par exemple ital pigliare > piller, esp.flotitla > flotille. Au XVIIIe siècle [1] mouillé a été remplacé en français par la semi-voyelle [j].

Le français a longtemps répugné à la prononciation d'un groupe de consonnes sans l'appui d'une voyelle initiale ou médiale. C'est pourquoi les mots italiens scalata, scorta, spalliera, squadrone, scarpino sont de­venus en français escalade, escorte, espalier, escadron, escarpin.

L'espagnol possède deux fricatives sourdes inconnues au français La première [0]. qui est une interdentale est reproduite par c devant e et i.par z dans les autres cas. En français elle est transcrite s, ss, c, ç, t, par exemple : cigarro > cigare, caparazon > caparaçon, embarcation > embarcation. La deuxième qui est une vélaire [x] est représentée en espa­gnol par j. et par g devant e et i : en français elle est rendue par ch par exemple : Don Quijote > Don Quichotte.

Les modifications qui proviennent des divergences entre les sons français et les sons des langues germaniques sont moins régulières Si­gnalons les altérations les plus typiques :

1. Les voyelles des mots d'emprunt sont remplacées par des voyelles françaises plus ou moins proches. Pourtant ces dernières sont fort diffé­rentes de celles auxquelles elles se substituent C'est ainsi que la voyelle [A] des mots anglais club et lugger est rendue en français dans le premier cas par [ce], dans le deuxième par [u] (cf. : lougre - « petit bâtiment de pêche ou de cabotage »).

2. La diphtongue [au] représentée en allemand par au. en anglais par ou on ow est parfois prononcée [u] en français par, exemple : all. Sauerkraut > choucroute : clown prononcé [klaun] en anglais devient [clun] en français.

3. De même que dans les emprunts aux langues romanes la combi­naison graphique d'une voyelle suivie d'une consonne nasale correspon­dant à une voyelle nasale française est rendue par cette dernière en français, par exemple : all. Schnapphahn (« voleur de grand chemin ») > chena­pan, angl. riding coat > redingote.

Les combinaisons de plusieurs consonnes consécutives sont évitées grâce à la suppression d'une ou de certaines d'entre elles ou à Tintercala-tion d'un e muet, par exemple : angl. Roaslbeef > rosbif, becfsteak > bifteck, all. Landsknecht > lansquenet (au XVe siècle « soldat allemand mercenaire »).

4. La consonne affriquée ch [tf] en anglais est généralement rendue en français par la fricative ch [f |. par exemple : punch - « boisson légè­re » > punch, check > chèque, challenge > challenge.

5. Le système sonore de la langue russe se distingue profondément de celui du français. Cette différence est surtout sensible dans le domai­ne des consonnes. La fricative [x] est inconnue au français : elle y est remplacée par l'occlusive [k], écrite kh, par exemple : kolkhoze (cf. : aussi à l'emprunt allemand krach prononcé avec un [ k] final). Les affriquées ч, ц et la fricative щ. sont reproduites plus ou moins fidèlement par les combinaisons graphiques tch, ts et chtch. Mais comme ces sons n'appartiennent guère en propre au français les mots qui les contiennent trahissent aussitôt leur origine étrangère, par exemple : tsar, tcherno­ziom.

La liquide Ji dure que Ton rencontre dans «кулак» est rendue en français par le simple [1] - koulak.

Notons les modifications les plus nettement marquées dues à l'adap­tation des mots d'emprunt au système grammatical du français : la subs­titution de formes françaises aux formes étrangères correspondantes : penser < lat.pensare, piller < ital.pigliare, réussir < ital. riuscire. hâbler < esp. hablar, boycotter < angl. to boycott, sanatorium au lieu du latin sanatoria. le remplacement des suffixes (par exemple : -ata, italien et -ada, espagnol, ou -er. anglais) par des suffixes français correspondants (par -ade, -eur) ; la francisation des préfixes (ainsi, in- des mots italiens devient en- (em-) en français : imboscare > embusquer, incastrare > encastrer) : la formation de dérivés à partir de mots d'origine étrangère ' accompagnée parfois du rejet d'un affixe originaire sportif (qui a élimi­né sportsman). sportivité, footballeur, skieur, monilorage, clownesque, clownerie, kolkhozien, etc : l'application de formes françaises à certains mots étrangers adoptés eux-mêmes dans une forme grammaticale déter­minée : quoique macaroni, confetti soient des substantifs pluriels ita­liens, ils prennenttoutefois un s au pluriel en français : les formes verbales latines lavabo («je laverai »), mémento (« souviens-toi ») tenus en fran­çais pour des substantifs en reçoivent toutes les caractéristiques.

La suppression d'un des éléments du vocable emprunté est aussi un indice de sa naturalisation : piano, kirsch, bock, pull, scripte se sont déta­chés de leurs prototypes étrangers piano-forte, Kirschwasser (« eau de ce­rise »). Bockbier (proprement « bière de bouc ». désignant une bière très forte), pull-over (proprement « se qu'on passe par-dessus »). script-girl (« personne chargée de noter les détails artistiques et techniques de la prise de vue »).

Quant à l'adaptation sémantique elle mérite d'être examinée à part.

Il est à noter que la majorité des vocables étrangers pénètrent dans la langue réceptrice non pas avec toutes les acceptions qu'ils avaient dans la ' langue donneuse, mais seulement avec une ou quelques-unes d'entre el­les. Ainsi le verbe attaccare qui signifie en italien « attacher, joindre, atteler les chevaux à la voiture » (attacar la carrozza) ; « attaquer, as­saillir, quereller (attacar lite) ». est entré dans la langue française dans le seul sens d'« attaquer ». Le substantif italien corridore signifie « corri­dor, galerie ; batteur d'estrade : cheval ; cheval coureur » ; il est venu dans la langue française avec le sens de « corridor ». Le substantif anglais tender veut dire « offre : acompte ; personne chargée de surveiller des malades, des enfants : tender » : dans la langue française tender est em­ployé uniquement comme ternie technique. En anglais le sens propre de clown est « rustre ». En français spoutnik est exclusivement un terme d'astronomie tandis qu'en russe il signifie encore « compagnon de route, de voyage ».

Les mots étrangers polysémiques sont adoptés tantôt dans leur sens principal (sport, hall, bouledogue, building), tantôt dans leur sens spécia­lisé (ring, crawl, score dont les sens principaux en anglais sont respecti­vement « anneau ». « ramper ». « coche, entaille »).

Cependant au cours des siècles un mot emprunté peut recevoir des acceptions nouvelles qu'il n'avait pas à l'origine. Il arrive que l'évolution sémantique du vocable emprunté se fasse dans le sens indiqué par son prototype étranger : héler pris à l'anglais au XVIe siècle comme tenue de marine (« appeler un navire ») reçoit son sens moderne élargi sous l'in­fluence de to hail ; concert apparu au XVIe siècle au sens de « accord » commence à s'employer comme terme musical à partir du siècle suivant en s'appropriant ainsi un autre sens du concerto italien.

Toutefois des cas nombreux se présentent où le vocable emprunté acquiert des sens qu'il n'avait point dans sa langue d'origine : box. em­prunté à l'anglais au XVIIIe siècle (d'abord « loge de théâtre ». puis « stalle d'écurie ») reçoit en français le sens de « compartiment d un garage » : l'anglicisme standard - « étalon » a reçu en français encore le sens de « dispositif pour centraliser les communications téléphoniques ».

Des cas curieux sont offerts par certains vocables étrangers qui en passant d'une langue dans une autre changent entièrement leur contenu sémantique. Il y a lieu de nommer ici les « faux anglicismes » ou mots qui prennent en français un sens qu'ils n'ont point en anglais. Tel est le cas de footing qui signifie en français « exercice de marche ». sens que ce mot n'a pas en anglais : le speaker qui en France est un annonceur à la radio désigne en Angleterre le président de la Chambre des Communes ou un conférencier ou même un orateur d'occasion à quelque réunion.

Nous avons déjà signalé1 que les mots d'emprunt prennent souvent une valeur émotionnelle péjorative. Tel fut le sort de rosse < all. Ross -« cheval ». relire < ail. Relier - « cavalier ». apparatchik (du russe).

Les modifications sémantiques affectent non seulement le sens (le contenu idéal), mais aussi le signalement. Ainsi un certain nombre d'em­prunts d'origine arabe apparus en français au XIXe siècle reçoivent une nuance familière ou argotique. Il en est ainsi de clebs -pop. « chien ». kif-kif-fam. « pareil, la même chose », littéralement « comme comme » (cf. aussi la forme abrégée kifqul est pop. : C 'est du kij- « c'est la même chose »), maboul -pop. « fou ». toubib - fam. « médecin ». Ces nuances stylistiques peuvent s'ajouter aux sens nouvellement acquis en français .bled- proprement « terrain, pays » - s'emploie dans le style familier au sens de « lieu, village isolé offrant peu de ressources » accompagné d'une nuance péjorative ; nouba qui en arabe désignait la musique que l'on jouait à tour de rôle devant les maisons des dignitaires, reçoit le sens de « bombance, noce » dans l'expression familière faire la nouba.

La francisation peut être une conséquence de l'étymologie populai­re : les formations anglaises bull-dog- « chien-taureau » et country-danse - « danse de campagne » se sont transformées en bouldogue et contredance. l'italien monte-di-pietà - « crédit de pitié » est devenu mont-de-piété.

Nous n'avons examiné que quelques cas particuliers de l'adaptation des mots au système phonétique, grammatical, lexical du français. D'in­téressantes études restent à faire qui amèneront à des conclusions plus générales sur les lois qui régissent le processus d'assimilation des mots étrangers dans la langue française.

§ 67. Les doublets. Ainsi qu'il s'ensuit des faits analysés, le voca­bulaire français examiné du point de vue de son origine se compose de trois couches essentielles de mots :

1) les mots d'origine populaire ;

2) les mots d'origine savante ;

3) les mots d'origine étrangère.

Il peut arriver que deux mots appartenant à deux couches différentes proviennent étymologiquement d'un même vocable introduit dans la lan­gue française par deux voies distinctes. Nous sommes alors en présence de doublets.

Signalons quelques exemples lorsque le même mot latin a pénétré en français par des voies différentes.

Mot lat.

auscultare

captivus

fragilem

pensare

integrum

fabrica

hospitale

liberare

advocatum

legalem

Mot fr. pop.

écouter

chétif

frêle

peser

entier

forge

hôtel

livrer

loyal

mot fr. sav.

ausculter

captif

fragile

penser

intègre

fabrique

hôpital

libérer

avocat

légal

     
mot lat. mot de souche fr. mot repris à une
    langue étrangère
    (vivante)
balneum caballarium bain chevalier bagne < ital. bagno -« bain » (cf. : баня en russe) cavalier ital.
dominam dame duègne esp.
nigrum noir nègre esp.

Les doublets sont parfois la conséquence du retour dans la langue d'origine de mots déformés à la suite de leur séjour plus ou moins dura­ble dans une autre langue. Tels sont tunnel, interview, humour, car em­pruntés à l'anglais, et leurs parents français tonnelle, entrevue, humeur et char.

Dans la majorité des cas les doublets se spécialisent quant à leur sens (cf. : livrer et libérer, peser et penser) ; plus rarement les doublets sont des synonymes qui diffèrent toutefois par les nuances de leurs acceptions et par leur emploi ; ainsi pour frêle et fragile on dira une personne frêle, une santé frêle, une plante frêle, mais un objet fragile}




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